
Le Niger décrète deux jours de deuil national à partir de ce vendredi 05 novembre 2021, suite à l’attaque armée d’insurgés islamistes présumés qui a fait plus de 70 morts mardi 2 novembre 2021, dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Mali.
Même si pour l’heure, aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de cette attaque, parmi les victimes figurent le maire de Balibangou et le chef d’une milice d’autodéfense, indique le ministère de l’Intérieur du Niger. Les recherches sont en cours pour retrouver des survivants, tandis que les assaillants se sont enfuis en traversant la frontière malienne, emportant avec eux leurs propres morts.
Selon les autorités gouvernementales, une délégation d’environ 80 personnes issues de plusieurs villages regroupés en comité de vigilance avec à leur tête le maire de Balibangou, avait décidé de se rendre dans le village de Adabdab, situé à une cinquantaine de kilomètres de Balibangou pour traquer un présumé informateur des djihadistes.
C’est cette délégation qui était tombée dans une embuscade de « bandits armés non identifiés à bord de motos ». Les violents combats qui s’en suivent ont fait plus de 60 membres du comité de vigilance tués ainsi que le maire de Balibangou, sans compter les morts du côté des assaillants ».
Le président du comité Union Tillabéri pour la paix et la sécurité, Harouna Amadou Maiga, considère qu’aucun choix n’a été laissé à ces civils. “Malgré la présence des forces de défense et de sécurité, la situation n’a nullement changé. Les jeunes se sont organisés. Ils ont cherché leur matériel et ils ont commencé à attaquer. C’est une hécatombe mais cela ne va pas freiner l’élan de cette jeunesse. Ces comités d’autodéfense veulent être une réponse aux multiples attaques visant les populations civiles et leurs bétails ».
Sani Yahaya, expert des questions sécuritaires et enseignant-chercheur, abonde dans le même sens. “L’absence de l’Etat dans certaines zones explique la militarisation des civils. L’Etat a le devoir et l’obligation de protéger tous les citoyens sur l’ensemble du territoire. Que l’Etat n’ait pas été présent pour les sécuriser c’est une défaillance de ceux qui le représentent et qui parlent en son nom”, déclare M. Yahaya.
La région est envahie par des militants associés à une filiale locale du groupe État islamique. Le Niger est confronté à des insurrections djihadistes à ses frontières avec le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria. Plus de 500 personnes ont été tuées dans des violences insurrectionnelles cette année dans le sud-ouest du pays.
En mars, quelque 137 personnes ont été tuées lors de raids coordonnés sur trois villages par des djihadistes présumés.
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